
Il existe, dans le parcours du héros, un moment très particulier.
Pas un échec net.
Pas une rupture spectaculaire.
Plutôt une résistance sourde. L’impression que, malgré l’élan, quelque chose ne passe plus.
J’ai créé ce mentor pour cet instant précis.
Non pour débloquer une situation.
Mais pour faire apparaître une limite.
Jusque-là, le héros avance par le travail, l’intuition, la prise de risque. Il pense encore que l’énergie et la volonté peuvent compenser le reste. Il croit que la trajectoire se construit uniquement par ce que l’on fait.
Cet axe du roman introduit autre chose.
Non pas une aide.
Mais un déplacement.
Certaines présences ne modifient pas les décisions. Elles changent la manière dont elles sont reçues. Elles transforment une demande ordinaire en parole audible. Elles déplacent, sans bruit, la frontière entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas encore.
En faisant apparaître son mentor, je me suis aperçu que l’on raconte souvent la réussite comme une accumulation de compétences, mais beaucoup plus rarement comme un système d’accès.
Ce fil du récit ne cherche pas à valoriser l’influence ni le pouvoir. Il montre simplement un mécanisme discret : la façon dont une relation ancienne, une reconnaissance implicite, peuvent faire basculer une trajectoire.
Ce mentor n’est pas un guide.
Il ne conseille pas.
Il ne protège pas.
Il révèle.
Il met en lumière une réalité que le héros évite encore de regarder : certaines étapes ne dépendent plus seulement de soi.
J’ai voulu créer ce personnage pour déplacer le regard du lecteur.
À partir de là, l’enjeu n’est plus seulement de savoir jusqu’où le héros est capable d’aller, mais jusqu’où il est prêt à accepter que sa trajectoire passe désormais par des relais qu’il ne maîtrise pas.
Vous pourrez découvrir cette facette du roman à partir du 9 mars.